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Oui s’aimer cela s’apprend. Peu importe qui on est et d’où l’on vient.

Il y a le fait de s’aimer soi-même en tant qu’individu lambda et là on va parler d’estime de soi de manière générale. Et le fait d’apprendre à s’aimer en tant que Noir qui est une estime de soi particulière puisqu’il y a des enjeux sociaux, raciaux, politiques. Selon moi, nous devrions tous sensibiliser et accompagner nos enfants à l’estime de soi liée à la couleur de peau/ la culture car nous avons encore de nombreuses croyances inconscientes qui nous fragilisent. 

Pourquoi bâtir une estime de soi ethnique et culturelle ?

Parce que des associations négatives liées à la couleur de peau existent encore au niveau collectif et individuel. À l’échelle collectif : un pays, un groupe d’individus, un quartier, une entreprise. À titre individuel : la femme, l’homme, le jeune, le chef d’entreprise, le collaborateur….

Ces associations sont bien souvent négatives et infériorisantes : moins compétent, intelligent, honnête, développé, beau, professionnel que….

Ces qualificatifs prennent en compte le passé qui a contribué à bâtir une image dévalorisante de l’Homme Noir et aussi le présent, qui met en avant des canons de beauté caucasiens et une culture occidentale. Devenant alors un principe dominant. L’enfant qui se construit doit donc faire face à tous ces messages subliminaux qui lui rappellent qu’il n’a pas la bonne couleur ni la bonne culture. 

Sans compter sur la communauté Noire qui est encore habitée par des habitudes de pensées, de langage et d’action colorées d’infériorité ( hiérarchisation des couleurs et de la nature des cheveux, volonté de prouver à l’autre qu’on lui ressemble donc se rapprocher de la culture dominante)

En résume, être Noir c’est à la fois le regard que je porte sur moi et le regard que le monde porte sur moi.

Pour toutes ces raisons, il est essentiel d’être conscient de l’importance de la construction d’une estime de soi culturelle, ethnique…

Les écueils à éviter

Pour réussir cette construction d’amour-propre, on veillera à éviter quelques maladresses qui proviennent de l’égo et qui sur le long terme ne permettent pas une certaine harmonie avec les autres et avec soi-même. Apprendre à nos enfants à s’aimer en tant que noir ce n’est pas dévaloriser l’autre pour se mettre en avant. À éviter donc : 

  • Parler de supériorité Noire
  • Rabaisser l’autre sur son physique et sa culture
  • Voir tous les Blancs comme des racistes ou des colons
  • Maugréer sa colère par rapport au passé
  • Etc.

Pourquoi les éviter ? Tout simplement parce qu’elles traduisent des émotions « toxiques » ou tout simplement désagréables pour notre bien-être intérieur. Et que loin d’apaiser les tensions raciales et d’amener vers un processus d’harnonie individuelle et collective, elles les renforcent.  

  • La colère
  • Le ressentiment
  • La compétition mal placée
  • Le besoin de reconnaissance
  • Le besoin de pardon
  • La rivalité, la haine
  • Le racisme

La démarche

Enseigner :

Transmettre à l’enfant quelques éléments du passé avant l’esclavage et pendant celui-ci. Lui faire comprendre les enjeux économiques de l’époque et insister sur le fait que cette hiérarchisation des races n’était pas fondée et qu’elle était surtout utile pour servir les intérêts économiques des colons. 

C’est aussi donner une image positive de l’être humain noir en lui présentant des inventeurs, des réussites Noires de toutes les époques pour lui prouver que la beauté et la réussite ne sont pas l’apanage d’une seule couleur de peau. 

Conscientiser :

Faire prendre conscience à l’enfant que nous vivons dans un monde qui se base encore sur la hiérarchisation des individus à partir de leur couleur de peau et de leur culture. Et qu’il lui appartient d’être suffisamment conscient pour ne pas tomber dans ce piège de la supériorité et de l’infériorité. 

Se faire accompagner en tant qu’adultes :

Il ne servira à rien et ce sera même impossible d’accompagner votre enfant sur la voie de l’estime de soi ethnique/culturelle si vous même vous n’avez pas fait ce travail personnel. Car vous risquez de reproduire des schémas inconscients et de les transmettre.

Changer sa communication :

Nous nous comparons souvent et cela conduit à une communication infériorisante.

À tire d’exemple 

  • « Ne marche pas sous le soleil, fais attention à ta couleur »
  • « T’aurais pu te coiffer ! » ( en vus adressant à une amie qui a décidé de faire un afro)
  • « Elle est a de beaux cheveux elle ! « ( en parlant d’une personne aux cheveux métissés alors qu’on ne le dit jamais à une personne aux cheveux crépus)
  • « Waouh quelle belle chabine/grimelle » (fille noire à peau clair)
  • « On a des Blancs dans notre famille » ( avec une certaine fierté alors qu’il n’y en a aucune en parlant des Noirs de la famille)